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Lundi 8 décembre 2008

ARTICLE EXTRAIT D'EL WATAN, Quotidien algérien, le 7/12/2008

propos recueillis par Hamid Tahri

Mgr Ghalib Bader (Nouvel archevêque d’Alger)

« L’Algérie est un pays important dans le monde arabe, le symbole du Maghreb »
C’est un intellectuel accompli, polyglotte, rigoureux, philosophe de formation qui préside, depuis quelques jours, aux destinées de l’archevêché d’Alger. Ce Jordanien quinquagénaire pragmatique, qui milite pour le dialogue entre les religions, a un goût prononcé pour l’étude, l’écriture et la lecture. De son père, Moussa, « un montagnard qui travaillait passionnément la terre », il a gardé la rigueur et la rectitude. Au siège de l’archevêché d’Alger, où il nous a courtoisement reçus, Mgr Bader Ghalib, « un Arabe parmi ses frères arabes », a bien voulu répondre à nos questions.

 



- L’Aïd El Adha, c’est demain. Quel message adressez-vous aux Algériens ? 


- D’abord un message de paix. Je profite de cette occasion, chère aux musulmans, pour exprimer mes meilleurs vœux aux Algériens et à tous les musulmans. J’espère que l’Aïd apporte la joie et le bonheur au sein des familles, en souhaitant prospérité, progrès et stabilité à ce beau pays qui est le vôtre. Encore une fois, bonne fête à tout le monde et à El Watan qui m’a permis de délivrer ce message. 


- Peut-on avoir un aperçu de votre parcours ? 


- Je suis né en 1951 à Wahadneh près de Adjloun dans le nord de la Jordanie. Mon père Moussa, paysan faisait vivre la famille de la terre de nos ancêtres dans les massifs montagneux de Jilad, qui ressemblent à la Kabylie en moins grand évidemment. J’ai fait l’école primaire dans mon village natal. A 12 ans, je rentre au séminaire de Bejalah à Jérusalem. Le prêtre, qui me suivait, avait décelé en moi des vocations. J’ai eu mon bac en étant major de promotion. Ce qui m’a valu une bourse que j’ai refusée. Je voulais être prêtre. J’ai fait quatre années d’études en philosophie et en théologie.

J’ai été ordonné prêtre en 1975 à 24 ans. Mon premier poste, je l’ai exercé en qualité de secrétaire privé du patriarche de Jérusalem. Parallèlement, j’ai préparé une licence en droit civil à Damas. En 1981, je suis envoyé à Rome, où j’ai poursuivi des études pour obtenir le doctorat en droit canon ecclésiastique, doublé d’un doctorat en philosophie. En 1987, je rentre à Jérusalem, où je suis nommé président du tribunal ecclésiastique. Parallèlement, j’enseigne la philosophie au séminaire et le droit du commerce à l’université de Bethleem. En 1992, je suis désigné comme curé de paroisse en Jordanie, mission que j’ai effectuée jusqu’à ma nomination, il y a quelques jours à Alger.

- Vous vous êtes aussi distingué par vos écrits… 


- En effet, j’ai eu à donner de nombreuses conférences traitant de sujets divers. J’ai traduit la bible en plusieurs langues et j’ai à mon actif deux thèses de doctorat : l’une en philosophie (L’un et le multiple) et l’autre en droit (Etude critique du droit de famille en Jordanie). J’ai traduit le code droit de l’Eglise du français à l’arabe et des livres de philosophie et de religion de l’allemand à l’arabe. 


- C’est la deuxième fois que vous vous rendez en Algérie. A quand remonte la première et à quelle occasion s’est-elle effectuée ? 


- Cela s’est passé en 1998. J’étais l’invité des Rencontres des évêques du Maghreb. Le ministre algérien de la Culture nous avait reçus et nous avait dressé un tableau de la situation du pays qui était à l’époque encore tendue. De prime abord, l’Algérie m’avait plu. J’ai beaucoup aimé la configuration architecturale de la ville d’Alger. 


- Vous êtes le premier homme d’Eglise arabe à occuper ce poste en Algérie. Votre arabité est-elle un atout ou un inconvénient ? 


- Avant d’être un atout, je dirais que c’est un geste de bienveillance et de respect de la part de l’Eglise catholique, à l’égard de l’Algérie. Maintenant, pour répondre à votre question, je dirais que c’est une arme à double tranchant. Cela peut être considéré positivement par certains et négativement par d’autres. En tout cas cela ne change rien au caractère de l’Eglise d’Algérie, une église cosmopolite composée de fidèles venus de tous les horizons. 


- Mgr Teissier, votre prédécesseur, avait déclaré que tous les évêques qui sont passés par l’Algérie depuis 1837 étaient Français. En 2008, le pape en choisissant un Jordanien a signé une nouvelle étape. En quoi cette nouvelle étape se distingue-t-elle, en plus désormais qu’elle ne fait plus partie de l’héritage de l’ère coloniale ? 


- L’Eglise, quoiqu’on dise, n’a jamais de nationalité. Elle n’appartient à aucune nation et est ouverte à tous. De plus, la séparation est faite entre l’Eglise et l’Etat. La religion c’est notre rapport à Dieu. La nationalité, c’est notre rapport au pays. Parler de rupture, je crois que c’est trop dire. J’espère que le fait d’être Arabe m’aidera à régler quelques problèmes encore en suspens ? 


- Par exemple… 


- Les problèmes de permis de séjour, de visas, de liberté de déplacements. Je m’attacherai à faire le maximum et je ne ménagerai aucun effort pour coopérer avec les autorités algériennes. De toute manière, je me considère comme Algérien à cent pour cent. Ce n’est pas une simple déclaration d’intention. J’ai quitté mon pays pour travailler ici. Je ne suis pas un ambassadeur. C’est ce pays que je vais servir, aimer. C’est ce pays, qui j’espère m’accordera la nationalité algérienne. Pour la petite histoire, l’autre jour, j’en avais parlé au ministre des Affaires religieuses qui m’a dit qu’il faut y résider au moins cinq ans pour pouvoir l’obtenir… J’en ai pris acte. 


- Mais il n’y a pas que ça, il y a aussi quelques accrocs. Vous avez sans doute eu vent de la jeune fille arrêtée avec sa Bible qui a défrayé la chronique il y a quelques semaines… 


- Oui. Sur ce point, je peux dire qu’il y a des torts des deux côtés. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui vantent et qui font la propagande du Christ sur la place publique. C’est un manque de respect à l’égard de la liberté des gens. C’est une provocation inutile et inacceptable. D’un autre côté, il n’est pas acceptable aussi que le seul fait de porter une Bible soit considéré comme un crime passible de peines de prison. Si je suis chrétien, je suis en droit de porter ma bible. Je n’intenterai pas un procès contre un musulman portant le Coran. Cela touche à la liberté de penser et de s’exprimer. On n’a pas le droit de créer la pagaille, en attentant à la vie publique, mais je crois que cette affaire a pris des proportions qu’elle ne méritait pas… 


- Il y a aussi ces campagnes d’évangilisation dénoncées par les autorités... 


- Cela n’est pas le fait de l’Eglise catholique qui n’a rien à voir avec ces faits. Nous sommes au service des chrétiens qui vivent en Algérie. Nos lieux de culte sont connus et nous avons des relations très cordiales avec les pouvoirs publics. La semaine dernière et à l’instigation du président de l’APN, M. Ziari, j’ai eu à accompagner un groupe de parlementaires chinois en visite à l’église Notre-Dame d’Afrique. Ce que je peux dire, c’est que je suis contre toute forme de provocation. Il faut respecter les convictions des gens. L’important, c’est qu’on respecte l’autre, qu’on vive en paix, en harmonie, en bonne intelligence. Tout comme je suis contre tous les extrémismes qui ne mènent à rien, sinon au chaos et à la désolation. 


- Vous étiez à El Qods, avant de venir ici. La Terre sainte qu’on quitte comme ça, ça doit susciter chez vous une charge émotionnelle très forte... 


- Il n’est pas facile de quitter son pays quel qu’il soit. Ça vous coûte. Tout le monde comprend cette situation. Jérusalem est un symbole pour tous, surtout pour les trois religions monothéistes. Jérusalem a une dimension religieuse qui transcende toutes les pesanteurs et qui touche tout le monde. Je ne vous cache pas que je tenais à y rester et il n’était guère facile d’en partir. 


- Vous regrettez quelque part votre départ… 


- Ce que je veux dire, c’est lorsqu’on fait des choix, on n’a pas à regretter. Certes, le choix a été difficile, mais il fallait absolument le respecter, d’autant que ce choix a été encouragé par mon amour des Algériens et de l’Algérie. 


- Jeune, quelle image aviez-vous de l’Algérie ? 


- Que c’est l’un des plus importants des pays arabes. Un pays qui a fait des sacrifices, qui a durement souffert pour se libérer du joug colonial. Qui a offert des martyrs pour son indépendance. Un pays digne de respect, riche, grand, fier. C’est le symbole du Maghreb, dont il est le cœur battant. Vous savez, l’Algérie représente beaucoup pour nous. Elle est dans le cœur de tous les Arabes. 


- Quel est votre sentiment face à ce qu’il est convenu d’appeler le choc des civilisations ? 


- Je ne crois pas au choc, à la confrontation des civilisations, des religions. C’est la complémentarité des civilisations qui a fait l’histoire de notre monde. Chaque civilisation apporte sa touche. Ce fait de la complémentarité est plus que jamais aujourd’hui une nécessité si l’on se réfère à la déliquescence des valeurs, au climat tendu, en raison des crises aiguës qui secouent la planète. La confrontation ne sert qu’à détruire la paix et Dieu seul sait combien on a besoin de cette paix par les temps troubles qui courent. Remarquez qu’une seule civilisation dans le monde serait monotone. Dans un orchestre, tous les instruments sont nécessaires pour avoir une belle symphonie. L’enrichissement réciproque entre toutes les cultures est un bel avantage, un atout inestimable. 


- Mais ces tensions ne sont-elles pas la résultante des crises qui secouent le monde, dont la dernière, financière, a surpris les plus irreductibles... 


- La crise que nous vivons est le résultat des inégalités entre les nations. C’est aussi le constat amer des politiques qui ne tiennent pas compte de l’intérêt général de l’humanité. Cela a démontré toute la fragilité du système bancaire et financier. Même les milliardaires se sont retrouvés sur le carreau. Dans un autre registre, on ne pense pas à ce qui est essentiel à l’homme qui semble se détacher des valeurs religieuses et spirituelles. Tout cela devrait faire réfléchir. On a bien vu que les systèmes construits sont tellement fragiles qu’ils peuvent s’écrouler à tout moment. 


- Selon vous, le dialogue inter-religieux pourrait-il réduire le fossé et atténuer les tensions, réelles, qui marquent les rapports entre les différentes croyances ? 


- J’étais consulteur du Conseil du Vatican pour le dialogue inter-religieux. De mon point de vue, le dialogue est un impératif et non simplement une alternative de luxe. On doit se respecter les uns les autres, sinon c’est la confrontation et ce n’est pas souhaitable pour les sociétés qui ont déjà du mal à survivre dans un monde qui ne fait guère de cadeaux aux plus vulnérables. 


- Pouvez-vous nous donner un aperçu de vos lectures en arabe et en français ? 


- J’ai étudié avec des prêtres français. J’ai pratiquement potassé toute la littérature française classique et moderne. Actuellement, je lis des livres relatifs à l’Algérie et l’histoire de l’Eglise dans votre pays en arabe, l’éventail est assez large. Je suis à l’aise aussi bien avec Taha Hussein, El Akad, Mohamed Abdou qu’avec Jabran Khalil Jabran ou Tewfik El Hakim. J’aime bien la poésie de Aboulkacem Echabi. 


- Mais ce dernier a été taxé d’apostasie par Al Azhar. Son poème qui avait fait à la suite de son poème qui avait fait sensation à l’époque, et dont la strophe incriminée est ainsi formulée. 


- « Si le peuple veut vivre, il est impérieux que le destin s’y plie... » La force du poète, c’est de transcender la réalité, de dire la vérité, de dénoncer le mal, d’éveiller les consciences. Partant de là, son action est positive, humaine, constructive… 


- S’il vous arrivait d’être sur une île déserte, quel livre emporteriez-vous ? 


- J’emporterait La Cité de Dieu, de saint Augustin, un Algérien. C’est l’histoire d’une cité que les hommes ont construite, comparée à la cité que Dieu voudrait. Cela ressemble un peu à la cité idéale d’El Farabi, que du reste j’ai lue à plusieurs reprises. 


- Dernière question. La politique est-elle pour vous un mal nécessaire ou une activité sérieuse ? 


- Je pense que la politique est effectivement une activité sérieuse. Ce qu’en font les hommes, c’est autre chose. Ce que j’entends par là, c’est que la politique est l’art de se mettre au service des gens, de les servir. Les hommes, qui en ont la responsabilité, sont tenus de trouver le meilleur moyen pour faire fonctionner la société humaine dans le respect du droit de tous les citoyens. Hélas, ce n’est pas toujours le cas…



Par Hamid Tahri

Par Raphy & Nico - Publié dans : ALGERIE
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Lundi 8 décembre 2008
Aujourd'hui, nos amis musulmans célébrent la grande fête
de l'Aïd el Kebir.


Nous leur souhaitons nos meilleurs voeux en ce temps de solidarité, d'échange et de fête familiale.

Par Raphy & Nico - Publié dans : EVENEMENT
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Lundi 3 novembre 2008
Mgr Claude Rault, évêque de Laghouat (sud de l'Algérie),
se rend à Paris à l'occasion de la sortie de son livre :
Désert, ma cathédrale.


Il donnera à cette occasion une conférence le mercredi 19 novembre à partir de 20h30 à la paroisse Saint Denys du Saint Sacrement, 68 bis rue de Turenne, 75003 Paris (Métro Sébastien Froissard ou Saint Paul, Bus 96)



Pour découvrir la réalité d'une église plongée en terre d'Islam, celle de l'Eglise d'Algérie, pour aller à la rencontre d'un homme au service de sa communauté chrétienne et de ses frères musulmans, pour mieux comprendre les enjeux du diocèse de Laghouat qui est le plus grand du monde de par sa taille mais aussi un des plus petits de par son nombre de paroissiens, pour mieux saisir certains aspects de notre mission, nous vous invitons sincérement à vous rendre à cette conférence.

Bien affectueusement
Par Raphy & Nico - Publié dans : EVENEMENT
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Lundi 13 octobre 2008
Ce vendredi 10 octobre, en la cathédrale du Sacré Coeur d'Alger, Mgr Ghaleb Bader a été officiellement intrônisée archevêque d'Alger, succédant à Mgr Henri Teissier.

En attendant un article plus complet sur ce moment historique de l'Eglise d'Algérie, veuillez trouver les informations sur le site de l'Eglise d'Algérie.
 
Par Raphy & Nico - Publié dans : EVENEMENT
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Dimanche 10 août 2008
محمود دروي

Le grand poète palestinien, Mahmoud Darwich, né le13 mars 1941 à Al-Birwah nous a quitté hier.

Alors que ce soir nous clôturerons par une soirée festive l'université d'été durant laquelle nous avons accueilli pendant plus d'une semaine à la MD une quarantaine d'étudiants chrétiens sub-shariens, Nicolas et moi-même rendrons un dernier hommage à ce poète engagé dans la lutte pour la paix en disant :

Si tu marches dans une rue

Si tu marches dans une rue qui ne mène pas
à un  précipice,
dis aux éboueurs : Merci !

Si tu reviens vivant à la maison,
comme revient la rime,
sans défaut, dis-toi : Merci !

Si tu as un pressentiment et que ton intuition
te trahit, pars demain voir où tu étais
et dis au papillon : Merci !

Si tu cries de toutes tes forces
et sue l'écho te répond:
"Qui est là?"
dis à ton identité : Merci !

Si tu regardes une rose sans qu'elle te fasse mal,
si elle te rend joyeux,
dis à ton coeur : Merci !

Si tu tu réveilles sans trouver les autres près de toi
qui te frottent les paupières,
dis à la clairvoyance : Merci !

Si tu te souviens d'une lettre de ton nom,
du nom de ton pays,
sois un bon fils,
que le Seigneur te dise : Merci !

Par Raphy & Nico - Publié dans : EVENEMENT
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Vendredi 13 juin 2008

« Dessine moi un mouton » à Bab-el-Oued


 


A l’occasion de la journée internationale de l’enfance, un après-midi festif, animé par le centre d’accueil et d’amitié de Bab-el-Oued, a eu lieu à l’hôpital Maillot. 

Dimanche 1er  juin, le service de pédiatrie de l’hôpital Maillot a résonné de rires et de youyou inhabituels en ces lieux. Pour la journée internationale de l’enfance, les élèves du « centre d’accueil et d’amitié de Bab el-oued » ont animé, en collaboration avec l’association Amine de l’hôpital, un après-midi de fête pour les jeunes malades.

Dans la cour, sous un velum improvisé, et un soleil incertain, les enfants nous ont donné un très beau spectacle. En guise d’ouverture, et pour marquer le sens de la fête, trois jeunes ont lu avec application la déclaration internationale des droits de l’enfance.

Ensuite, les classes de la 3ème à la 5ème année nous ont fait entendre quelques chansons et comptines. Nous avons ainsi pu admirer la classe de Patricia Blanc, notamment les très beaux déguisements portés par un lapin et un cerf. Pour se reposer, les jeunes interprètes ont pu admirer les tours d’un magicien qui a su capter pleinement l’attention des petits et des plus grands.


Mais le clou de la fête était le tant attendu Petit Prince, adapté de Saint-Exupéry par Raphaële de La F. et Raphaël A.. Depuis plusieurs mois une troupe de 18 enfants de Bab el-Oued se réunissait sous leur direction tous les lundis. Les enfants ont ainsi vécu cette première expérience de scène, guidés par leurs deux professeurs, qui ont aussi été metteurs en scène, décorateurs, costumiers. Le public a eu la surprise de découvrir un petit prince brun, joué avec beaucoup de conviction, et dont le costume était plus proche d’un Amir oriental que de celui du célèbre petit blond. A chaque changement de scène, le rôle était endossé par un nouvel enfant. Bel effort d’inculturation, souligné par un texte bilingue, auquel les familles présentes auront certainement été sensibles.


Le succès de la fête a aussi résidé dans la participation des enfants malades. Eux aussi ont animé la scène : ils avaient préparé un sketch et les filles ont fait un défilé de mode, apprécié de tous. L’équipe du service de pédiatrie du docteur Laraba a pu profiter de ce spectacle, heureuse de pouvoir admirer les enfants que d’ordinaire elle soigne.


En ce bel après-midi, l’atmosphère était à la joie, et bien évidemment à la gratitude. Gratitude envers les souriantes augustines, les professeurs de théâtre et toute l’équipe du Centre de soutien scolaire de Bab el-Oued, ainsi que le service de pédiatrie de l’hôpital Maillot.


Augustin.

article extrait de Rencontres, Juin 2008


 



Par Raphy & Nico - Publié dans : EVENEMENT
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Vendredi 13 juin 2008

Rendez-vous poétique  autour d’Aimé Césaire


Une rencontre de poésie a été consacrée au père de la négritude le  29 mai à la maison diocésaine.


C’est un bel hommage que le rendez-vous poétique du 29 Mai à la Maison Diocésaine, a rendu au « poète et dramaturge connu dans le monde entier pour ses engagements », Aimé Césaire. Le père de la authentique de négritude  s’est battu toute sa vie contre l’esclavage, le racisme, le colonialisme, thèmes malheureusement toujours d’actualité sous des formes nouvelles.


Nous avons découvert, ou redécouvert cet immense poète à travers une brève présentation de sa biographie et surtout la lecture à plusieurs voix de six fragments du « cahier d’un retour au pays natal » (1939), à travers la lecture entrecroisée de « Armes miraculeuses » (1946) et d’autres poèmes. Plusieurs participants avaient composé eux-mêmes un hommage à Césaire. Certains sont venus lire des poèmes de leur choix, d’Aimé Césaire,  de Senghor - qui fut son condisciple  au lycée Louis le Grand en 1931, et son ami - de Pablo Neruda, de Léon Gontran Damas, de Kateb Yacine : « l’écrivain et le balayeur » (Le Monde -1970).


Il nous fut lu également un interview de Césaire par Khalid Chraïbi en Avril 1965, à l’occasion de la représentation de sa pièce, « la tragédie du Roi Christophe » (1963), interview republiée par « la Nouvelle République », le 21 Avril 2008.  Cette tragédie relate un épisode authentique de l’histoire de Haïti, où l’on voit un homme d’état – non préparé à cela – aux prises avec les grands problèmes d’un pays indépendant, héros ambigu, homme de transition, tragique aventure. Nous conclurons avec le mot de Françoise Vergès, proche d’Aimé Césaire, qui a publié en 2005 le livre : « Aimé Césaire. Nègre je suis, Nègre je resterai , entretiens avec Aimé Césaire »*. Celle-ci décrivait l’oeuvre du poète comme: « une parole « poético-politique de toute beauté ».


Chantal Laurette

 * (Albin Michel, 148 p, 14euros)

Article extrait du magazine « Rencontres », magazine diocésain d'Alger, Juin 2008

 


Par R & N - Publié dans : LA VIE A LA MD
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Mardi 3 juin 2008
Par Raphy & Nico - Publié dans : EVENEMENT
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Dimanche 25 mai 2008
TOUJOURS PLUS D'INFOS SUR
LE SITE DE L'EGLISE CATHOLIQUE D'ALGERIE

http://www.ada.asso.dz
Par RN - Publié dans : LES DIOCESES D ALGERIE ET SES ACTIONS
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Dimanche 25 mai 2008
L’homme de foi du juste milieu

Henri Teissier est de ces hommes de foi qui respectent l’autre

Par le dialogue interreligieux, l’écoute de l’autre, les croyants feront face à l’épreuve de l’existence.

Digne héritier de Monseigneur Duval qui s’est engagé aux côtés du peuple algérien durant la lutte pour l’indépendance, Mgr Henri Teissier, né en 1929 à Lyon, ordonné prêtre pour le diocèse d’Alger en 1955, en 1972, nommé évêque d’Oran, puis coadjuteur du cardinal, et archevêque d’Alger depuis 1988, représente la figure de ces prêtres catholiques loyaux et qui ne s’enflent pas d’orgueil comme dit le Coran. Ce lundi 26 mai, il va recevoir le ruban de Chevalier de la Légion d’honneur. Inlassablement, il oeuvre pour le «vivre ensemble», la paix et l’amitié islamo-chrétienne. Passeur entre les deux rives, il fut président de la Conférence des évêques de la région Nord de l’Afrique de 1982 à 2004 et chercheur actif dans plusieurs espaces et structures qui pratiquent le dialogue interreligieux. Je l’ai connu en présence de Cheikh Ahmed Hamani, à l’époque, président du Conseil supérieur islamique, à Cordoue en 1974, à l’occasion d’un colloque international islamo-chrétien. A cette occasion, il est important de rappeler que sur intervention personnelle de Mgr Tessier auprès de l’évêque de Cordoue, notre groupe de participants musulmans avait été autorisé, à titre exceptionnel, à célébrer la prière du vendredi au sein de la célèbre Mosquée de Cordoue. Un événement unique, inoubliable. Depuis, notre amitié n’a pas cessé de s’affermir, malgré tant d’épreuves. Durant les temps sombres, il est resté en Algérie, solidaire du peuple algérien. Il a toujours proclamé que «l’un des motifs déterminants de notre présence en Algérie, c’est la possibilité de vivre une relation humaine et spirituelle avec des partenaires musulmans. A travers nos rencontres, c’est, pensons-nous, l’Eglise et le monde musulman qui communiquent, et parfois même, qui communient au nom de Dieu». Il mérite aujourd’hui, de son vivant et en exercice, un hommage.

Enrichissement mutuel
Le poids de l’histoire, les interférences politiques et la question de la différence plus que celle des convergences pèsent lourdement sur les imaginaires des musulmans et des chrétiens, l’oeuvre de ceux qui travaillent au rapprochement doit être consolidée. Les musulmans, les chrétiens, et les hommes et femmes de bonne volonté de tous les horizons, sont appelés, avec bonté et vigilance, à, non seulement surmonter les crises, l’épreuve de la différence, mais à les transformer en enrichissement mutuel. Dépassant des réticences et des craintes, depuis longtemps, la plupart, avec courage et patience, font preuve de générosité. Avancer sur les chemins de la fraternité au milieu de signes contradictoires est un bon mot d’ordre. Parmi ces signes contradictoires se situe la question du prosélytisme en Algérie: le respect de la vérité oblige à dire que c’est un épiphénomène, que certains veulent monter en épingle et qui ne concerne que quelques centaines de personnes, souvent fragiles et désorientées. Les affaires pendantes que la presse relate sont incompréhensibles et bien regrettables. On a la triste impression que la méthode pour faire face à cette question est inappropriée et tout à fait exagérée. 132 ans de nuit coloniale n’ont pas changé les convictions du peuple algérien. Certes, la vigilance et des règles de droit précises, comme pour tout pays, doivent être établies et interprétées avec raison, pour contrôler et empêcher l’activisme de «sectes», les dépassements et les actions de portée plus politique que religieuse, mais le discernement s’impose. Si, par exemple, les faits s’avèrent exacts au sujet des propos qu’aurait tenus un juge, dans une de ses récentes affaires, en affirmant qu’il faut «choisir entre la prison ou la mosquée», ce serait un manquement grave à la déontologie judiciaire, une contradiction aux préceptes du Coran et de la Sunna, à la tradition tolérante, à l’image et à l’intérêt de l’Algérie.




La foi est une affaire privée, liée à la liberté de conscience, nul besoin de disposer d’une autorisation pour se convertir. L’Islam, dernière religion révélée, en continuité de l’histoire du salut, pour la dernière phase de l’histoire de l’humanité, est ouvert à l’égard des «gens du Livre». Notre vision doit se fonder sur le principe coranique: «Pas de contrainte en religion».
De plus, nos amis catholiques en Algérie, depuis 50 ans, même s’ils ont le droit de témoigner de leur foi, n’ont pas cherché à convertir quiconque. Malgré le fait que le pape actuel rappelle souvent le caractère central pour l’Église catholique de sa mission d’évangélisation, compte tenu de la crise de l’Eglise et du monde moderne, et au vu sans doute de la vivacité de la religion musulmane qui résiste au temps. Il cherche à réveiller l’ardeur missionnaire des catholiques qui vivent pour la plupart dans un contexte de pluralisme religieux et se trouvent confrontés à d’autres religions. Le Vatican a publié en décembre dernier une «note doctrinale» qui réaffirme la mission d’évangéliser les non-catholiques, y compris les membres d’autres religions chrétiennes, en évitant cependant «toute pression indue». L’Eglise catholique se défend, en effet, de faire du prosélytisme comme l’en accusent notamment l’Église orthodoxe russe et des courants de pensée islamiques. Parfois, partis pour évangéliser le monde, beaucoup de prêtres et de pasteurs se sont mis à l’école des peuples et de leur pensée ne cherchant pas à les détourner de leur foi originelle. Henri Teissier est un de ces grands hommes de foi qui respectent l’autre. Des événements contradictoires marquent la vie des musulmans et celles des chrétiens à travers le monde et dans notre pays. Il est parfois difficile de les comprendre, d’en apprécier le sens et la portée. Il est important de le faire avec sagesse. Certains courants islamophobes étrangers veulent diviser, créer des problèmes, et asseoir leur influence, on ne doit pas tomber dans ce piège. Tout comme en Europe, des courants s’inventent un nouvel ennemi, cherchent l’affrontement: discours xénophobes, reprise de caricatures vulgaires, films haineux contre l’Islam, profanations de tombes musulmanes, incendies de mosquées, mais à chaque fois les responsables chrétiens ont manifesté leur solidarité avec les populations musulmanes victimes de cette «islamophobie» inadmissible.
Des signes d’espérance sont bien visibles. En octobre 2007, après ma rencontre avec le pape, que Mgr Teissier avait encouragé, avec 138 savants musulmans de 50 pays, nous avons adressé aux responsables des Églises et communautés chrétiennes une lettre «Vers une parole commune» pour relancer le dialogue et empêcher que le monde ne sombre dans la méconnaissance et les injustices. Nous sommes devenus 245 et ont a reçu des réponses positives de la part du pape Benoît XVI, et des responsables du Conseil oecuménique des Eglises. Du 4 au 6 novembre 2008, à Rome, aura lieu la première séance du forum islamo-catholique mondial pour échanger sur les fondements théologiques et spirituels ainsi que sur la dignité humaine et le respect réciproque. De même, un colloque interreligieux sur «la liberté, la justice et la paix» aura lieu à Rome du 11 au 13 juin pour dialoguer et apprendre à se connaître. Tout cela constitue des signes encourageants d’un chemin de dialogue qui se poursuit. L’Algérie, terre de la communauté médiane, avec sa riche histoire de saint Augustin à l’Emir Abd El Kader et tant de citoyens attachés à la civilisation doit être à la pointe de cette mission. Vigilance et sens de l’hospitalité, nos maîtres mots.

Confiance en l’avenir
La crise des valeurs et des traditions face aux défis de notre temps nécessite des réformes permanentes. Musulmans et chrétiens, à partir de nos spécificités, on doit pratiquer le renouveau et l’ouverture au monde, pour se rencontrer, se comprendre et apprendre à vivre ensemble. L’archevêque d’Alger est un de ces prêtres mesurés qui recherche le juste milieu, conscient des réformes à réaliser au sein de l’Eglise et qui n’hésite pas à exprimer parfois sa différence avec le Vatican, notamment lorsqu’il s’agit du rapport aux musulmans. Il s’était déclaré effondré, comme nous, après le discours du pape à Ratisbonne en 2006, tout en gardant confiance en l’avenir. De même dans le monde musulman, on doit se solidariser, raisonner et adapter nos pratiques en fidélité à nos sources et en conformité à la marche du temps. Par le dialogue interreligieux, l’interconnaissance, l’écoute de l’autre, les croyants sortiront de leurs préjugés et feront face à l’épreuve de l’existence.

Mustapha CHERIF

Extrait du quotidien L'Expression d'Algérie

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